Non classé

L’UGB de Saint-Louis, une Université à deux vitesse ! Par Dr Mâme Ale Mbaye

L’UGB de Saint-Louis, une Université à deux vitesse ! Par Dr Mâme Ale Mbaye
 A peine terminé de digérer les conséquences de la journée tragique du 15mai 2018, voilà l’UGB face à d’autres incertitudes.

Cette fois, je ne cherche pas à être optimiste: l’UGB marche tout droit vers une des pires années de son histoire et, jusque-là, aucune partie ne s’est levée pour dire “non” au projet du Ministre qui ne fera que détruire une bonne fois pour toute notre Université qui agonisait depuis 2009.

La seule structure qui s’est prononcée, c’est justement la  Coordination des Étudiants de Saint-Louis qui, cette fois, il faut le saluer, a publié un communiqué très responsable pour alerter les autorités sur les manquements  de leurs promesses. Le communiqué n’a pas manqué de signaler les dangers qui guettent l’UGB.

Effectivement, cette Université de Sanar est en danger. Je l’ai dit quelque part et je le répète ici. Au moment où j’écris ces lignes (samedi 28septembre 2019 à 13h30mns), la date d’ouverture du campus social de l’UGB est incertaine. Le Directeur du CROUS ne prend, jusqu’ici, aucune décision officielle et il est sur la mauvaise voie de répéter l’erreur qu’il avait commise l’année dernière en restant jusqu’au 24 septembre pour dire que, finalement, le campus ne pourrait pas s’ouvrir avant le 1er novembre. Une telle décision avait impacté sur l’année académique et a occasionné une année invalide dans beaucoup d’UFR.

Une telle erreur est inacceptable et quand elle se répète, cela devient de l’incompétence! On paye le Directeur pour qu’il réfléchisse mais pas pour qu’il retarde le système. Il doit tout mettre en oeuvre durant les vacances. Il n’a pas le droit de partir pour les vacances sans tout mettre au point pour faciliter un bon déroulement des activités dès la première semaine du mois d’octobre.

Avant de fermer le campus le 1er septembre, des rumeurs circulaient comme quoi le Directeur fixe la date d’ouverture du campus social pour le 27septembre. Mais, ce qui est bizarre (et c’est inadmissible), c’est qu’aucune note officielle ne circulait afin de confirmer ces rumeurs.

Y a trop de laisser-aller au CROUS dont le responsable incompétent en même temps est le Directeur. Je demande personnellement au Ministre de le changer car il est incapable de gérer le campus social. Il gère bien son administration, il faut le lui  reconnaitre mais sans le campus, l’administration ne peut jamais exister. Et, malheureusement, le problème des étudiants le dépasse.

Non seulement, il n’est pas pragmatique, mais aussi et surtout il est inefficace et incompétent à gérer sa mission.

Au moment où j’écris ce texte, les herbes poussent partout au campus (dans les villages, sur les allées, devant les villages et derrières) et rien n’est encore défriché. Avant hier, je revenais du campus vers 20h et j’ai aperçu sur mon chemin un serpent entre le village H et la salle de sport. Heureusement que j’avais allumé la torse de mon téléphone sinon j’allais être mordu. Vous voyez comment c’est dangereux de vivre dans cet environnement! En ce moment,le Directeur devrait engager des gens (comme le faisaient ses prédécesseurs) pour le désherbage. En plus, aucun agent de l’espace vert du CROUS n’est sur place pour tailler les branches des fleurs qui débordent jusque sur les allées.

Depuis avant hier, des étudiants avaient déjà annoncé l’arrivée sur le campus  de caravanes de retour à partir de dimanche 29septembre. Je rappelle que y a beaucoup d’étudiants qui sont déjà venus depuis le 26 septembre, trompés par les rumeurs qui circulaient lors de la fermeture et par leurs camarades qui mettent des statuts whatsapp pour fixer la date de l’ouverture du campus à partir du 23septembre. Ces étudiants qui sont venus ont rencontré d’énormes difficultés pour avoir où passer la nuit. J’ai personnellement aidé quelqu’un avec l’appui de bonnes volontés pour un abris provisoire. A ma surprise, j’ai rencontré dans cet abris d’autres étudiants qui sont dans le même cas et parmi eux y avait des filles. Vous croyez que c’est normal?

En tout cas, le problème de l’Université Gaston Berger est surtout un problème de communication. Le Directeur du CROUS marche dans l’incertitude; il tâtonne et ne maitrise pas ce qu’on lui confie. Si on ne fait rien, il va répéter l’erreur qu’il a déjà commise l’année dernière. Pourquoi l’autorité n’informe pas toujours les étudiants? A quoi ça sert d’avoir une cellule de communication si elle n’est juste là que pour publier les visites sans suite du Directeur sur le campus et les promesses qu’il ne réalise pas. Depuis son arrivée au CROUS, il n’a rien réalisé; il termine juste les sentiers déjà commencés par son prédécesseur en l’occurrence M. Ibrahima Diao et il peine à les finir.


Il y a trois ou quatre jours de cela, il était venu au campus social mais quand j’ai demandé à un vigile ce que dit le Directeur à propos de la date d’ouverture, il m’a dit ceci:” le DG dit qu’il avait prévu d’ouvrir le campus à partir du 13octobre”.

Mais, celui-là, il est dans quel monde? Est-ce qu’il collabore réellement avec le Recteur? Je crois que non! sinon il allait vraiment savoir que l’UFR de Santé démarre ses enseignements à partir du 1er octobre. Je peux lui montrer le communiqué. D’autres UFR comme LSH redémarrent ses rattrapages à partir du 5octobre.

Je pense que le Ministre doit intervenir. Le temps de la transition est fini et Papa Ibrahima Faye a échoué son test. Il était juste un Directeur par circonstance. Il est incapable de rester à la tête du CROUS. Je vous jure qu’avec le vent de crises qu’il s’annonce cette année à l’UGB,  ce Directeur ne sera pas capable de trouver des solutions. Lui, il n’anticipe pas et, pire, il travaille à la dernière minute. A chaque fois, quand je parle, l’histoire me donne raison. Si vous voulez vérifier ce que je dis, tapez juste sur Google : Dr Mâme Ale Mbaye. Vous verrez que quand on néglige mes alertes, l’avenir me donne raison en moins de 10mois.

L’autre point que j’ai annoncé en haut et je crois que la Coordination des Étudiants l’a pertinemment évoqué. Il s’agit de l’effectif pléthorique de nouveaux bacheliers annoncé. L’UGB n’est pas encore apte à recevoir un tel nombre. Le Ministre promet de recruter 200 enseignants et construire 200bureaux. C’est un leurre pour endormir le SAES. La question que je me pose est la suivante: pourquoi ne pas commencer par le commencement, c’est-à-dire construire d’abord des amphis, des bureaux, des logements pour étudiants avant d’augmenter déraisonnablement l’effectif. Y a deux logements d’étudiants qui sont en chantier depuis 5 ans. On peine à les finir et on nous parle de 200bureaux.  Si l’État est incapable de gérer les privés, je vous jure qu’il ne réussira pas à gérer les étudiants s’ils viennent au public. Le privé est plus facile à gérer car y a pas de couverture sociale garantie à 100%.

Bref, les enseignants ne doivent pas accepter cette augmentation irréfléchie tant que les salles de classes, les amphis et le recrutement d’enseignants ne soient opérationnels. Parfois, entre enseignants, on s’arrange pour faire cours et on veut augmenter l’effectif sans accompagnement réel. C’est de la folie.

Dr Mâme Ale Mbaye
Docteur en littérature orale
Spécialiste en analyse des discours
Membre du laboratoire: Groupe de Recherche en Analyse des Discours (GRADIS)
émail: engagementmbaye@gmail.com

Laisser un commentaire