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Etudes des Œuvres: Le Chant d’Ombres de Léopold Sédar Senghor

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Etudes des Œuvres: Le Chant d’Ombres de Léopold

Sédar Senghor

Introduction

Pendant la période coloniale (XIXème-XXème siècle), les africains subissaient des abus de la part des européens. Leur culture et leurs mœurs étaient dépravées par ceux-ci. Devant cette triste réalité, les intellectuels africains entendent combattre pour la sauvegarde de la souveraineté et de la dignité de l’Africain. Ainsi, certains créent des syndicats tandis que d’autres valorisent l’image de l’Afrique par des écrits. C’est dans ce dernier contexte que s’inscrit Léopold Sédar Senghor, écrivain sénégalais. Il fait naître en 1945, chants d’ombre, un recueil de poèmes exaltant les valeurs nègres. Dans cette œuvre qui fait l’objet de notre étude, nous analyserons le temps et l’espace.

I. Etude de l’espace dans chants d’ombres

1. L’espace africains

L’espace Africain est vu comme un espace de convivialité dans chants d’ombre de Léopold Sédar Senghor. Cela s’illustre dans le poème intitulé « nuit de sine ». Dans ce poème, le poète nous présente la joie, la gaieté, l’harmonie qui règne en Afrique. En effet il nous parle d’éclats de rire dans la deuxième strophe : « voici que décline la lune lasse vers son lit de mer étale; voici que s’assoupissent les éclats de rire, que les conteurs eux-mêmes dodelinent de la tête comme l’enfant sur le dos de sa mère ». Ceci nous permet d’imaginer que les villageois sont autour d’un baobab entrain de rire, danser, chanter et écouter les histoires et les traditions africaines que les griots leur racontent. Les éclats de rire sont également une image pour faire comprendre que l’Afrique est pleine de joie de vivre.

En outre il y règne dans la nuit un calme apaisant, recueillant et merveilleux, après des journées de fête, de joie et de rire. Senghor se consacre alors à l’explication d’une nuit profonde et spirituelle, pleine de tradition jusqu’au moment où tout le monde va dormir.

L’Afrique est un espace de cohésion et d’union. A cet effet le mot « dodeline » qui apparaît dans certains vers de ce poème nous fait penser à l’enfant sur le dos de sa mère. C’est une image typique des traditions africaines. Cela nous met face à une relation d’union et d’harmonie qui lie les africains. A la fin de cette strophe, nous observons que les danseurs et le chœur nous ramènent une nouvelle fois à la musique et aux danses présentes lors des réunions des villageois autour du baobab. L’Afrique est liée à la danse et à la musique.

En somme, l’Afrique est un continent de fête c’est pourquoi dans le poème Joal, le poète fait revivre sa vie en Afrique. Il considère l’Afrique comme la terre promise, c’est la terre sur laquelle il aspire revenir.

2. L’espace européen

L’Europe est un grand continent. Dans l’œuvre Chants d’ombre, Senghor décrit l’espace européen de plusieurs manières. Dans le poème « Joal », il montre l’ambiance nonchalante en Europe. Cela se perçoit du vers 22 au vers 25 : « quelle marche lasse le long des jours d’Europe ou parfois apparaît un jazz orphelin qui sanglote sanglote sanglote sanglote ».

Senghor révèle que l’Europe est un territoire d’isolement, d’individualisme et de froideur. Aussi, à travers l’expression « purifié du froid incorruptible » (vers 4) utilisée dans « neige sur PARIS », Senghor fait allusion à la souffrance vécu en Europe. L’auteur traduit ainsi que l’Europe n’est pas un continent où règne la paix, la solidarité, la convivialité et qu’elle est victime de ce fait.

II. Etude du temps dans Chants d’ombre

A. L’aspect météorologique du temps dans Chants d’ombres

1. En Europe

a. L’hiver

Senghor énonce dans Chants d’ombre la passion, la purification, la paix de l’Europe à travers le froid incorruptible. Dans le poème ‘’Neige sur Paris’’ le poète évoque la punition que Dieu inflige à l’Europe pour sa méchanceté à l’égard des Africains à travers le froid incorruptible. Cela est perceptible au vers 3 : « vous l’avez purifié par le froid incorruptible ». Plus loin, le poète énonce la paix que le seigneur propose à l’Europe divisée à travers la neige. Ce que nous pouvons corroborer à partir du vers 7 : « seigneur, vous avez proposé la neige de votre paix au monde divisé à l’Europe divisée ». En un mot, le poète montre que les Européens sont des dépouilleurs inhumains. C’est pour cela que Dieu leur inflige le froid incorruptible et en les appelant à la cohésion.

b. Le printemps

Léopold Sédar Senghor énonce aussi dans Chants d’ombre la sanctification, la passion qu’inflige la saison d’après l’hiver c’est-à-dire le printemps. Dans son poème ‘’L’ouragan’’, il caractérise le printemps comme une belle saison par le truchement de ces termes : « toi vent ardent, vent pur, vent-de-belle saison, brûle toute fleur toute pensée vaine ».

Cette saison est alors marquée par les vents purs qui sanctifient. Des vents qui libèrent de toutes impuretés et qui coiffent tout autour de son passage. Le poète montre par l’entremise de l’ouragan que les Européens doivent se purifier de tous leurs péchés. Car ce temps est un temps de recueillement et de conversion.

2. En Afrique

L’Afrique est un continent aux températures et aux climats favorables au développement de l’agriculture. Ces atouts sont comme une richesse précieuse qui attirent les Européens.

L’Afrique est un continent riche naturellement. En Afrique, il pleut, il ne neige pas, il fait chaud. La nature est pleine et riche. C’est pourquoi Senghor chante ses merveilles en utilisant l’image d’une belle femme noire : « femme nue, femme noire, vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ». Cette belle forme évoquée par Senghor serait donc la belle nature que Dieu a donnée à l’Afrique.

En Afrique la nuit est le moment de se retrouver et de se partager les histoires jusqu’au repos. A la pleine lune, c’est la convivialité. Il n’y a pas de neige ni de froid pour faire fuir les villageois dans les cabanes.

B. L’époque coloniale dans Chants d’ombres

1. En Europe

Le fait de coloniser n’est certes pas réservé aux européens, mais ce sont eux qui créent un système complexe, accompagné d’un discours le justifiant. Rudyard Kipling, dans un célèbre poème de 1899, « le Fardeau de l’homme blanc«  évoque une justification raciale et morale de la colonisation : « l’homme blanc doit assumer son « fardeau », sa responsabilité de « civiliser » les peuples et de faire séché la misère ».

Outre la mission civilisatrice, on développe d’autres arguments : la christianisation, la recherche de marché, la quête de placements intéressants et enfin la volonté de satisfaire un orgueil national parfois malmené. En particulier celui des français après l’humiliant traité de France fort en 1871.

Dans Chants d’ombre, Léopold Sédar Senghor nous présente à travers le poème neige sur paris une Europe subissant les conséquences des malheurs qu’elle a fait subir à l’Afrique.

Les empires coloniaux alimentent en matière première les industries du continent tout en leur offrant des débouchés. Ils permettent ainsi aux Européens de connaître une prospérité inégalée jusqu’alors. Cette prospérité s’appuie sur une forte expansion des biens de consommations. En fait, les nouveaux produits élaborés par l’industrie sont achetés, et le niveau de vie s’est largement amélioré.

L’Europe s’enrichie ainsi au détriment de l’Afrique. Léopold Sédar Senghor décrit alors l’Afrique comme la femme en train de perdre sa beauté : « je chante ta beauté qui passe », « forme que je fixe dans l’éternelle ». Face à cela, les dieux punissent l’Europe par la neige. Cette punition est évoquée par Senghor dans « neige sur paris« : « parce qu’il devenait mesquin et mauvais, vous l’avez purifié par le froid incorruptible par la mort blanche »; aux vers 2-3.

2. En Afrique

A l’époque coloniale, plusieurs africains commencent à adopter la culture européenne oubliant ainsi leur propre culture. C’est alors que Senghor rappelle aux africains leur culture, leur tradition, leur religion : « aurais-tu oublié ta noblesse, qui est de chanter les ancêtres, les princes et les dieux qui ne sont fleurs ni gouttes de rosée ? Tu devais offrir aux esprits les fruits blancs de ton jardin », extrait du poème « lettre à un poète« . Ici, Senghor statue sur la religion africaine en disparition. Ce temps colonial est le temps où les africains jettent leurs dieux pour attraper la bible; les ancêtres sont oubliés pour que l’on puisse mémoriser le ‘’Jésus’’: « refaites la route royale et méditez ce chemin de croix et de gloire », du poème ‘’le message‘’ (vers 31).

Pour être belle, la femme africaine avait ses traits naturels et quelques astuces comme les tresses de cheveux, l’usage des cauris, les chaines en or, etc. En cette époque coloniale, ce sont les habitudes européennes qui animent les jeunes filles africaines. Senghor évoque ce problème : « vos filles m’a-t-on dit se peignent le visage comme des courtisanes », « elles se casquent pour l’union libre et éclaircir la race », du poème le message (vers 26 et 27). Il y a donc à la vue de la civilisation européenne une opposition aux traditions africaines. Dans ce vers 26 cité plus haut du poème « le message », nous avons l’exemple du mariage forcé, une tradition africaine combattue par les jeunes filles de l’époque coloniale : pourquoi ne pas faire comme la blanche ?, serait la question qu’elles se posent intérieurement.

Cependant, avec ces colons, les malheurs n’en demeurent pas moins. Les Africains sont malheureux. Ces malheurs sont également évoqués dans le poème le message au vers 29 : « Et vous pleurez là-bas de grands feux et de sangs ».Parlant sans doute du feu engendré par le colonisateur et du sang versé par ce dernier.

En effet, pendant l’époque coloniale, voulant imposer leur suprématie, les colons vont avoir à affronter les nègres qui posent des résistances farouches. Ce sont souvent des attaques surprises avec incendie des habitations, des morts au sorti des affrontements et bien d’autres atrocités issues des exactions des Européens. Il s’agit donc à cette époque d’une Afrique en difficulté, en ruine. C’est alors que Senghor adresse une prière aux dieux d’Afrique, les masques, pour qu’ils lui viennent au secours : « masques ! O masques ! A votre image écoutez-moi ; voici que meurt l’Afrique des empires, c’est l’agonie d’une princesse pitoyable », du poème prière aux masques.

Il est vrai que les Européens ont fait subi à l’Afrique une peine douloureuse, mais la couleur blanche n’est pas dans son entièreté détestable. Il y a en effet de bonnes mains blanches qui voulaient caresser cette Afrique. Pouvons-nous citer à cet effet EMMA PAYELLEVILLE, pour qui Senghor écrit le onzième poème de Chants d’ombre. Cette femme serait l’image de ce qu’aurait dû être les colonisateurs. Elle rachète d’ailleurs, pour Senghor, le visage négatif du blanc: « ton nom brisera les images poudreuses des gouverneurs ».

Conclusion

Léopold Sédar Senghor, dans Chants d’ombre, nous présente un espace africain totalement différent de l’espace européen. En Afrique nous avons un espace de vivre ensemble. Ce qui favorise la cohésion sociale, la solidarité et l’union. Tandis qu’en Europe, c’est la solitude. Aussi, présente-t-il un temps agréable à la cohabitation humaine en Afrique. Ce qui n’est pas le cas en Europe. D’où l’exaltation des valeurs valeurs nègres. Par ailleurs, ne serait-ce pas la perte de ces valeurs que traduit Ahmadou Kourouma par la déchéance de Fama dans les soleils des indépendances ?

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