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LE ROMAN

 
LE ROMAN
INTRODUCTION
Le roman a commencé à signifier au moyen âge, un récit en prose ou en vers, en langue vulgaire ou romane (et non le latin.)
À partir du 16e siècle, le roman se définit comme une oeuvre de fiction écrite en prose, racontant les aventures et l’évolution d’un ou de plusieurs personnages. En tant que œuvre de fiction, le roman ne se soucie pas tellement de la vérité, mais, met en avant la vraisemblance. Il diffère de la nouvelle par sa longueur et du conte par son coté vraisemblable.
Le genre romanesque est caractérisé par sa diversité, sa capacité à aborder tous les sujets. Il comprend par exemple, les romans d’amours, les romans policiers, les romans historiques, les romans d’aventures, les romans autobiographiques, les romans picaresques, les romans de mœurs, les romans d’initiations
I- CARACTÉRISTIQUES DU ROMAN
Le roman se caractérise par une structure bien définie qui comprend :
L’intrigue : c’est l’ensemble des actions du récit. Cette intrigue a souvent une structure type – un état initial, une transformation, un état final appelée schéma narratif ;
Les personnages : le personnage est sans doute l’élément le plus fondamentale dans le roman. Les personnages en tant qu’être (créatures fictives) ont chacun une identité et un rôle dans le roman ;
L’espace : c’est le cadre de l’action (espace géographique) et les lieux où se déroulent les actions ;
Le temps : il faut distinguer le temps du récit c’est à dire sa durée et le temps de l’histoire c’est à dire la période où a lieu l’histoire racontée par le narrateur.
Le narrateur : c’est un être fictif, différent de l’auteur, qui raconte l’histoire. Il peut faire partie de l’histoire, comme il peut être un simple observateur. C’est aussi par rapport au narrateur qu’on définit le point de vue narratif ou focalisation. Le narrateur peut adopter trois positions par rapport à son récit :

  • Si le narrateur à la troisième personne est omniscient, c’est-à-dire qu’il connait le passé, le présent, le future et même les pensées des personnages, on parle de focalisation zéro ;
  • Si le narrateur est extérieur à l’action, en témoin et observateur neutre, et qu’il ne sait pas ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit de ses personnages, on parle de focalisation externe ;
  • Si, enfin, le narrateur est à la première personne et ne raconte que ce qu’il voit et ce que voit les autres personnages, on parle de focalisation interne.

Malgré son caractère fictif, le roman cherche à reproduire le réel. Il prétend exprimer une certaine vérité, la vraisemblance ou vérité artistique. C’est en tout cas ce qu’affirme divers romanciers du XIXe et XXe siècle parmi lesquels on peut citer Stendhal qui écrit : « On ne peut plus atteindre au vrai que dans le roman(…) un roman est un miroir qu’on promène le long d’un cheamin. »
Autrement dit que le roman est un reflet de la réalité sociale. Ainsi, le roman semble restituer les faits et les gens comme si nous en étions contemporains (vérité historique) et nous fait mieux comprendre le sens de cette réalité
(Vérité psychologique). Claude Roy note en ce sens : « Ce que ces histoires imaginaires nous donnent peut-être, c’est la véritable histoire de la vie réelle».
Par ailleurs, le roman présent la particularité de ne pouvoir se réduire à l’histoire qu’il raconte, il faut tenir compte aussi du style, du langage, du rythme, de la construction, qui est les siens.
II- LES FONCTIONS DU ROMAN
La plus grande partie de la production romanesque n’a guère d’autre but que de divertir. En effet, le roman permet au lecteur de s’évader, de se distraire à travers le d’histoires drôles captivantes.
Cette fonction ludique se retrouve dans tous les romans en général, mais en particuliers dans les romans d’amour, les romans d’aventure, les romans picaresques…
Souvent, l’écrivain cherche une autre justification à son écriture. C’est le cas de l’Abbé Prévost, auteur du roman L’histoire du chevalier des Grieux et de
Manon Lescaut, qui écrit :
« L’œuvre romanesque peut servir dans l’instruction de la vertu parce que chaque fait qu’on y rapporte est un degré de lumière ». Le roman est donc
éducatif, instructif et constitue ainsi un excellent moyen d’acquisition de connaissances et du savoir. Cette fonction didactique se retrouve dans l’ensemble des romans.
Le roman essaie aussi de faire prendre conscience, de permettre l’engagement, de permettre l’action pour changer ou transformer la société.
Victor Hugo ne pensait pas autre chose lorsqu’il écrit : « Tant qu’il y aura une damnation du fait des lois, des problèmes sur la dignité humaine, la déchéance de la femme, de l’enfant, des livres comme Les Misérables peuvent être utiles ». Dans cette tentative de conscientisation, le roman se veut réaliste en transcrivant la réalité dans sa totalité et en dénonçant aussi les injustices sociales, politiques ou religieuses. C’est l’exemple des romans réalistes, naturalistes, négro-africains ente autre.
Le romancier peut aussi être perçu comme un enchanteur du fait qu’il capte, retient, fixe le réel, mais surtout modifie notre perception du monde, des faits et des hommes.
III- LE ROMAN : ENTRE FICTION ET REALITE
Malgré sa tentative de recréer le réel, le roman est loin de la vérité. Même si souvent, il tire ses éléments constitutifs de la réalité, il est nécessaire de comprendre que c’est une réalité vue à travers les yeux d’un seul individu. La perception est par conséquent subjective. Écrire un roman, c’est prendre position. Le romancier s’adjuge le droit de refaire la vie, de l’imaginer.
François Mauriac dit en ce sens « le redoutable don de créer » fait de lui « le singe de Dieu». D’ailleurs, Balzac ne prétend pas copier le réel mais il en dégage le sens.
Il faut noter aussi que cette prétention de transcrire la réalité dans sa totalité n’est qu’imposture car le roman est plutôt selon l’expression d’Aragon, « un
mentir-vrai » ; il falsifie la vie, car comme tout art, il choisit dans le réel et le recrée. À ce propos, Guy de Maupassant n’écrivit-il pas que « Faire vrai, consiste donc à donner l’illusion complète du vrai, suivant la logique ordinaire des faits.» Ce faisant, le roman, comme le note Michel Butor, « est un des constituants essentiels de notre appréhension de la réalité».
En plus, en donnant des attributs fonctionnels à ses personnages, le romancier choisit dans les éléments que lui offre le réel. Ainsi ces êtres deviennent imaginaires car provenant de son seul pouvoir de création et ne peuvent exister dans la réalité. Donner l’illusion du vrai, n’est pas forcément dire vrai.
En réalité, tout dans le roman : les personnages, les lieux, les actions, l’histoire… demeurent du papier. Cependant, certains écrivains, pour donner l’illusion du vrai tentent de raconter leur propre vie. Cette entreprise n’est pas objective dans la mesure où l’individu ne fera part au lecteur que de réminiscence. Or, sachant que la mémoire est sujette à l’oubli, on peut noter avec Jean Jacques Rousseau que « le romancier ne fait que sa propre apologie car ne montrant au lecteur que la partie de sa vie digne de l’être ».
C’est aussi dans ce même sens que Claude Simon affirme : « De même que la seule réalité d’un tableau est la peinture, la seule réalité d’un roman est celle de la chose écrite. L’écriture étant de par sa nature même incapable de reproduire le réel, toute prétention au réalisme de la part d’un romancier ne peut être que le fait de l’irréflexion ou d’une volonté de tromperie ».
CONCLUSION
Le roman est un genre protéiforme qui véhicule tous les courants d’idées, exprime tous les modes de sensibilités, se plie à toutes les circonstances. C’est pour cette raison, qu’il est devenu le genre-roi et tend irrésistiblement à l’universel, à l’absolu puisqu’il n’y a rien dont il ne puisse traiter.

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